Information destinée aux patients

Information professionnelle

Alges-X forte
Axapharm AG
Composition

Principes actifs

Ibuprofenum.

Excipients

Conserv.: Acide sorbique (E200), Excip. pro compr. obducto.

Forme pharmaceutique et quantité de principe actif par unité

Alges-X forte: Comprimés pelliculés à 400 mg d’ibuprofène.

Indications/Possibilités d’emploi

Alges-X forte est autorisé en automédication pour le traitement à court terme de trois jours au maximum des indications suivantes:

– douleurs articulaires et ligamentaires;

– douleurs dorsales;

– céphalées;

– maux de dents;

– douleurs menstruelles;

– douleurs après blessures;

– fièvre associée à des affections grippales.

Posologie/Mode d’emploi

Posologie usuelle

Adultes et adolescents à partir de 12 ans

Dose unique: 1 comprimé pelliculé Alges-X forte.

Intervalle entre 2 prises: 6 heures.

Dose maximale en automédication: 3 comprimés pelliculés Alges-X forte (1200 mg d’ibuprofène) par jour.

Sans prescription médicale, Alges-X forte est destiné au traitement à court terme d’une durée maximale de 3 jours.

Enfants

Jusqu’à présent, l’utilisation et l’innocuité d’Alges-X forte n’ont pas été étudiées chez les enfants de moins de 12 ans.

Emploi correct

Avaler les comprimés pelliculés sans les croquer avec une quantité abondante de liquide.

Contre-indications

– Hypersensibilité au principe actif ou à l’un des excipients selon la composition.

– Anamnèse de bronchospasme, d’urticaire ou de symptômes semblables à une manifestation allergique après prise d’acide acétylsalicylique ou d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens.

– Troisième trimestre de la grossesse (voir «Grossesse, Allaitement»).

– Ulcères gastriques et/ou duodénaux actifs ou saignements gastro-intestinaux.

– Maladies intestinales inflammatoires (par ex. maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse).

– Troubles sévères de la fonction hépatique (cirrhose hépatique et ascite).

– Insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine <30 ml/min).

– Insuffisance cardiaque sévère (NYHA III-IV).

– Traitement de douleurs post-opératoires après opération de pontage coronarien (ou après utilisation d’une machine cœur-poumons).

Mises en garde et précautions

Mises en gardes générales pour l’utilisation d’anti-inflammatoires systémiques non stéroïdiens

Des perforations, des ulcères et des saignements gastro-intestinaux peuvent être observés chez des patients traités avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), sélectifs de la COX-2 ou non. Ces effets indésirables peuvent survenir à tout moment, sans signes annonciateurs ni antécédents connus. Pour réduire ce risque, il convient donc d’administrer la dose efficace la plus faible, pendant une durée de traitement aussi courte que possible.

Des études contrôlées contre placebo ont mis en évidence pour certains inhibiteurs sélectifs de la COX-2 une augmentation du risque de complications cardio-vasculaires et cérébrovasculaires thrombotiques. Mais on ignore pour l’heure si ce risque est en corrélation directe avec la sélectivité COX-1/COX-2 des AINS. Etant donné qu’aucune donnée issue d’études cliniques comparables n’est actuellement disponible pour l’ibuprofène à la posologie maximale et dans le cadre d’un traitement à long terme, une augmentation analogue du risque ne peut être exclue. Par conséquent, jusqu’à ce que de telles données soient disponibles, l’ibuprofène ne doit être administré qu’après évaluation minutieuse du rapport bénéfice/risque en cas de cardiopathie ischémique avérée, de maladies cérébrovasculaires, d’artériopathies obstructives périphériques ou aux patients présentant d’importants facteurs de risques cardio-vasculaires (par ex. hypertension, hyperlipidémie, diabète sucré, tabagisme). Tenant compte de ce risque, il convient d’administrer la dose efficace la plus faible, pendant une durée de traitement aussi courte que possible.

Les effets rénaux des AINS incluent la rétention hydrique avec œdèmes et/ou hypertension artérielle. Chez les patients présentant des troubles de la fonction cardiaque et d’autres états qui les prédisposent à la rétention hydrique, l’ibuprofène ne devrait donc être utilisé qu’avec prudence. Celle-ci est également de rigueur chez les patients qui prennent simultanément des diurétiques ou des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine et en cas de risque élevé d’hypovolémie.

En cas de consommation simultanée d’alcool lors de l’utilisation d’AINS, des effets indésirables liés aux principes actifs, en particulier ceux qui affectent le tractus gastro-intestinal ou le système nerveux central peuvent être renforcés.

En cas d’utilisation prolongée d’antalgiques, des maux de tête peuvent apparaître qui ne devraient pas être traités en augmentant la dose du médicament.

Mentions complémentaires concernant Alges-X forte

Affections respiratoires

Chez les patients souffrant ou ayant souffert d’asthme bronchique, de rhinite chronique ou d’affections allergiques, l’ibuprofène peut déclencher un bronchospasme, une urticaire ou un angio-œdème.

Affections cardiaques, rénales ou hépatiques

Il convient d’être prudent pour les patients présentant une limitation des fonctions hépatique, rénale ou cardiaque car la prise d’AINS peut altérer la fonction rénale. Une prise concomitante habituelle d’antalgiques augmente encore ce risque. Chez de tels patients, il convient de choisir la dose la plus basse possible et de contrôler régulièrement la fonction rénale, spécialement en cas de traitement au long cours.

Les anti-rhumatismaux non stéroïdiens peuvent aggraver l’insuffisance cardiaque et le taux de filtration glomérulaire et augmenter la concentration plasmatique des glycosides cardiaques.

Sécurité gastro-intestinale

L’utilisation d’Alges-X forte en combinaison avec des anti-rhumatismaux non stéroïdiens, incluant des inhibiteurs sélectifs de la cyclo-oxygénase-2, doit être évitée, car il existe un risque accru d’ulcères ou de saignements (voir «Interactions»).

Patients âgés

Chez le patient âgé, les effets indésirables sont fréquents pendant le traitement par anti-rhumatismaux non stéroïdiens, principalement des hémorragies et des perforations gastro-intestinales potentiellement mortelles.

Hémorragies gastro-intestinales, ulcères, perforations

Des cas d’hémorragies gastro-intestinales, d’ulcères ou de perforations potentiellement mortels ont été rapportés en association avec tous les anti-rhumatismaux non stéroïdiens. Ces événements indésirables sont survenus avec ou sans symptômes avant-coureurs et antécédents d’événements gastro-intestinaux, à tout moment du traitement.

Le risque d’hémorragies gastro-intestinales, d’ulcères et de perforation augmente avec la dose d’anti-rhumatismal non stéroïdien, chez les patients présentant un antécédent d’ulcère, en particulier en cas de complications (hémorragie ou perforation) (voir «Contre-indication»), ainsi que chez les patients âgés. Chez ces patients, le traitement doit commencer à la dose la plus faible disponible. Pour ces patients, ainsi que pour les patients devant suivre un traitement concomitant par une faible dose d’acide acétylsalicylique ou d’autres médicaments susceptibles d’augmenter le risque gastro-intestinal, il convient d’envisager de mettre en place un traitement combiné incluant des médicaments protecteurs (par ex. misoprostol ou inhibiteurs de la pompe à protons) (voir «Interactions»).

Les patients présentant un antécédent de toxicité gastro-intestinale, en particulier les patients âgés, doivent signaler tout symptôme abdominal inhabituel (principalement hémorragies gastro-intestinales), en particulier au début du traitement.

Il convient d’être prudent pour les patients prenant simultanément des médicaments pouvant accroître le risque d’ulcères ou d’hémorragies, par ex. corticostéroïdes oraux, anti-coagulants comme la warfarine, inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ou inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire comme l’acide acétylsalicylique (voir «Interactions»).

En cas de survenue d’hémorragies gastro-intestinales ou d’ulcères chez des patients sous Alges-X forte, le traitement doit être interrompu.

En cas de troubles gastro-intestinaux et de troubles fonctionnels hépatiques, l’ibuprofène ne doit être administré que lorsque cela est formellement indiqué, sous surveillance médicale, car il peut aggraver ces troubles (voir «Effets indésirables»).

Effets cardio-vasculaires et cérébro-vasculaires

Les patients présentant un antécédent d’hypertension et/ou d’insuffisance cardiaque décomposée légère à modérée nécessitent une surveillance mesurée et l’administration de conseils, car des accumulations de liquide et des œdèmes ont été rapportés en relation avec un traitement par anti-rhumatismaux non stéroïdiens.

Des études cliniques indiquent que l’utilisation d’ibuprofène, en particulier à une dose élevée (2400 mg par jour), peut être liée à une légère augmentation du risque d’événements thrombotiques artériels (par ex. infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral). Dans l’ensemble, les études épidémiologiques n’indiquent pas d’augmentation du risque d’événements thrombotiques artériels en cas de prise de faibles doses d’ibuprofène (par ex. ≤1200 mg par jour).

Les patients présentant une hypertension non maîtrisée, une insuffisance cardiaque (NYHA II), une maladie cardiaque ischémique existante, une artériopathie oblitérante périphérique et/ou des affections cérébro-vasculaires ne doivent être traités par ibuprofène qu’après mûre réflexion et des doses élevées (2400 mg/jour) doivent être évitées. Il convient d’être également prudent avant d’initier un traitement prolongé chez des patients présentant des facteurs de risque d’événements cardio-vasculaires (par ex. hypertension, hyperlipidémie, diabète sucré, tabagisme), notamment lorsque des doses élevées d’ibuprofène (2400 mg/jour) sont nécessaires.

Réactions cutanées sévères

Des cas très rares de réactions cutanées graves, certaines mortelles, incluant dermatite exfoliante, syndrome de Stevens-Johnson et nécrolyse épidermique toxique (syndrome de Lyell) ont été rapportés pendant un traitement par anti-rhumatismal non stéroïdien (voir «Effets indésirables»).

Le risque maximal de réactions de ce type semble être présent au début du traitement; en effet, la majorité de ces réactions ont eu lieu au cours du premier mois de traitement. En association avec des médicaments à base d’ibuprofène, une pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG) a été rapportée. Dès les premiers signes d’éruption cutanée, de lésion muqueuse ou autres signes d’hypersensibilité, le traitement par Alges-X forte doit être interrompu.

Dans des cas exceptionnels, une infection par la varicelle peut entraîner des infections cutanées et des complications au niveau des parties molles. Jusqu’à présent, l’implication d’AINS dans une aggravation de ces infections n’a pas pu être exclue. Il est donc conseillé d’éviter l’administration de Alges-X forte en cas d’infection par la varicelle.

Effets sur les reins

Les patients souffrant d'une forte déshydratation ou de modifications postopératoires de la volémie doivent être réhydratés avant de commencer un traitement avec l’ibuprofène et être ensuite étroitement surveillés. Il existe un risque de trouble de la fonction rénale, spécialement chez les enfants, les adolescents et patients âgés déshydratés.

Pendant un traitement de longue durée, comme chez les autres antirhumatismaux non stéroïdiens, une nécrose papillaire rénale et d’autres pathologies rénales peuvent apparaître. Une toxicité rénale a également pu être observée chez des patients chez lesquels les prostaglandines rénales jouent un rôle compensateur dans la perfusion rénale. Chez ces patients, l’administration d’antirhumatismaux non stéroïdiens peut inhiber la synthèse de prostaglandine dans les reins en fonction de la dose administrée, diminuer l’irrigation sanguine des reins et provoquer une décompensation rénale manifeste. Ces réactions apparaissent principalement chez les patients souffrant d’insuffisance fonctionnelle hépatique, rénale ou cardiaque, lors de la prise concomitante de diurétiques ou d’inhibiteurs de l’ECA (enzyme de conversion de l’angiotensine) et chez les patients âgés.

Effets hématologiques

Comme d’autres antirhumatismaux non stéroïdiens, l’ibuprofène inhibe l’agrégation thrombocytaire et allonge le temps de saignement.

Comme les autres antirhumatismaux non stéroïdiens, l’ibuprofène peut cacher les signes d’une infection.

Méningite aseptique

Des cas isolés de symptômes d’une méningite aseptique ont été rapportés lors de l’utilisation de l’ibuprofène. Les patients ayant développé un lupus érythémateux ou une collagénose semblent y être prédisposés. Toutefois, la méningite aseptique a aussi été observée chez les patients n’ayant aucune de ces maladies chroniques.

Interactions

Interactions pharmacocinétiques

Autres anti-rhumatismaux non stéroïdiens, salicylates inclus

L’administration simultanée de plusieurs anti-rhumatismaux non stéroïdiens, incluant les inhibiteurs sélectifs de la cyclo-oxygénase-2, peut augmenter le risque d’ulcères et d’hémorragies gastro-intestinales en raison de l’effet synergique. L’utilisation simultanée d’ibuprofène et d'autres anti-rhumatismaux non stéroïdiens doit donc être évitée (voir «Mises en garde et précautions»). L’acide salicylique empêche la liaison de l’ibuprofène aux protéines.

Glucocorticoïdes

Renforcement des effets secondaires gastro-intestinaux, risque accru de saignements gastro-intestinaux et d’ulcérations (voir «Mises en garde et précautions»).

Alcool

Renforcement des effets secondaires gastro-intestinaux, augmentation du risque d’hémorragies gastro-intestinales.

Diurétiques, antihypertenseurs, bêta-bloquants

Les AINS peuvent réduire l’efficacité des diurétiques, antihypertenseurs tels que les inhibiteurs de l’ECA et les bêta-bloquants. Les diurétiques peuvent aussi augmenter le risque de néphrotoxicité des AINS.

Probénécide, Sulfinpyrazone

Elimination retardée de l’ibuprofène, l’effet uricosurique du probénécide et de la sulfinpyrazone est atténué.

Anti-coagulants par voie orale

Les anti-rhumatismaux non stéroïdiens peuvent renforcer l’effet des anti-coagulants comme la warfarine (voir «Mises en garde et précautions»).

Inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire et inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine

Risque accru d’hémorragies gastro-intestinales (voir «Mises en garde et précautions»).

Aminoglycosides

Les anti-rhumatismaux non stéroïdiens peuvent limiter l’élimination des aminoglycosides.

Acide acétylsalicylique

Des données expérimentales suggèrent que l’ibuprofène peut inhiber de manière compétitive l’effet antiagrégant plaquettaire d’une faible dose concomitante d’acide acétylsalicylique. Bien que l’extrapolation de ces données en clinique ne permette pas d’émettre de conclusion formelle, il ne peut être exclu que l’effet cardioprotecteur de l’acide acétylsalicylique à faible dose puisse être réduit lors d’un traitement au long cours par ibuprofène. Un effet cliniquement pertinent semble improbable lors de la prise occasionnelle d’ibuprofène (voir «Propriétés/Effets»).

Anti-diabétiques par voie orale

L’effet des antidiabétiques oraux (sulfonylurées) peut être renforcé par l’ibuprofène comme par d’autre AINS. De rares rapports ont fait état d’hypoglycémie chez des patients traités aux sulfonylurées qui avaient reçu de l’ibuprofène. Il convient de contrôler régulièrement le taux de glycémie et d’adapter au cas échéant la dose d’antidiabétiques.

Antagonistes des récepteurs histaminiques H2

Une interaction cliniquement significative de l’ibuprofène avec la cimétidine ou la ranitidine n’est pas prouvée.

Digoxine

Il se peut que la concentration plasmatique de la digoxine soit augmentée.

Phénytoïne

La concentration plasmatique de la phénytoïne peut être augmentée.

Lithium

Il est recommandé de contrôler les concentrations plasmatiques du lithium.

Méthothrexate

Augmentation de la toxicité du méthotrexate. Les AINS peuvent inhiber la sécrétion tubulaire du méthotrexate et en réduire la clairance.

Baclofène

La toxicité du baclofène est accrue.

Quinolones

L’action centrale est augmentée.

Cholestyramine

En cas d’utilisation simultanée d’ibuprofène et de cholestyramine, l’absorption de l’ibuprofène dans le tractus gastro-intestinal peut être réduite. Cependant, l’importance clinique est inconnue.

Cyclosporine

L’effet toxique sur les reins – peut être augmenté.

Extraits végétaux

Le Ginkgo biloba peut renforcer le risque d’hémorragies lié aux anti-rhumatismaux non stéroïdiens.

Mifépristone

Théoriquement, une diminution de l’efficacité de la mifépristone peut avoir lieu en raison des propriétés antiprostaglandines des AINS. Des preuves limitées suggèrent que l’administration concomitante d’AINS le jour de la prise de prostaglandines n’a pas une influence défavorable sur l’effet de la mifépristone ou des prostaglandines sur la maturation cervicale ou la contractilité utérine et que l’efficacité d'une interruption de grossesse n’est pas réduite.

Antibiotiques quinolones

Des études effectuées sur les animaux ont montré que sous traitement aux AINS des convulsions, en association avec des quinolones, peuvent être entraînées plus fréquemment. Le risque de convulsions peut être augmenté chez les patients traités par des quinolones en association avec des AINS.

Tacrolimus

En cas d’administration conjointe de tacrolimus et d’AINS, le risque d’une néphrotoxicité peut être élevé.

Zidovudine

L’administration conjointe de zidovudine et d’AINS augmente le risque d’une toxicité hématologique. Il existe des indications d’un risque accru d’hémarthose et d’hématomes chez les patients hémophiles VIH(+) qui suivent un traitement concomitant par zidovudine et AINS.

Inhibiteurs enzymatiques

Inhibiteurs du CYP2C9

L’administration concomitante d’ibuprofène et d’inhibiteurs du CYP2C9 peut augmenter l’exposition de l’ibuprofène (substrat du CYP2C9). Une étude sur le voriconazole et le fluconazole (inhibiteurs du CYP2C9) a montré une augmentation de l’exposition au S(+)-ibuprofène d’environ 80 à 100%. Une réduction de la posologie de l’ibuprofène doit être envisagée lorsque de forts inhibiteurs du CYP2C9 sont administrés simultanément, surtout quand on administre des doses élevées d’ibuprofène soit avec le voriconazole ou le fluconazole.

Grossesse, Allaitement

Grossesse

L’inhibition de la synthèse des prostaglandines peut avoir une incidence négative sur la grossesse ainsi que sur le développement embryonnaire et fœtal. Selon certaines données tirées d’études épidémiologiques, l’administration d’inhibiteurs de la synthèse des prostaglandines au début de la grossesse accroît en effet le risque de fausses couches, de malformations cardiaques et de gastroschisis. On présume que ce risque est proportionnel à la dose administrée et à la durée du traitement.

Chez les animaux, il est prouvé que l’administration d’inhibiteurs de la synthèse des prostaglandines entraîne une augmentation des pertes pré- et post-implantatoires ainsi que de la létalité embryo-fœtale. En outre, une incidence accrue de différentes malformations, notamment cardiovasculaires, a été rapportée chez les animaux qui avaient reçu un inhibiteur de la synthèse des prostaglandines pendant la phase de l’organogenèse.

Premier et deuxième trimestre

Pendant les premier et deuxième trimestres de la grossesse, l’ibuprofène ne doit être administré qu’en cas de nécessité absolue. Si l’ibuprofène est donné à une femme qui envisage une grossesse ou qui est au premier ou au deuxième trimestre de sa grossesse, la dose doit être aussi faible et la durée du traitement aussi courte que possible.

Troisième trimestre

L’ibuprofène est contre-indiqué pendant le troisième trimestre de la grossesse. Tous les inhibiteurs de la synthèse des prostaglandines peuvent:

– exposer le fœtus aux risques suivants:

– toxicité cardio-pulmonaire (avec fermeture prématurée du canal artériel et hypertension pulmonaire);

– atteintes rénales allant jusqu’à l’insuffisance rénale et l’oligohydramnios.

– exposer la mère et l’enfant aux risques suivants:

– une variation possible du temps (prolongation) de saignement, un effet antiagrégant plaquettaire pouvant intervenir même après administration de doses très faibles;

– inhibition des contractions utérines retardant ou allongeant l’accouchement.

L’utilisation d'ibuprofène n'est pas recommandée pendant le travail et l’accouchement. Le début des contractions peut être retardé et leur durée allongée. De plus, des saignements peuvent apparaître plus fréquemment chez la mère et l’enfant.

Allaitement

Les AINS passent dans le lait maternel. Par mesure de précaution, l’ibuprofène ne doit donc pas être administré aux femmes qui allaitent. Si le traitement s’avère indispensable, il convient alors de nourrir l’enfant au biberon.

Fertilité

L’utilisation d’ibuprofène peut affecter la fertilité féminine et n’est donc pas recommandée aux femmes qui souhaitent concevoir. Chez les femmes qui ont des difficultés pour être enceinte ou qui suivent des examens pour évaluer l’infertilité, il convient d’envisager l’arrêt du traitement par l’ibuprofène.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Aucune étude pertinente n’a été menée. Des effets secondaires occasionnels de l’ibuprofène sur le système nerveux central, tel que la limitation de la capacité de réaction, sont toutefois connus. Ceci devrait être pris en compte, lorsqu’une attention soutenue est nécessaire, notamment lors de la conduite automobile ou l’utilisation de machines. Cela vaut particulièrement pour la prise simultanée avec de l’alcool.

Effets indésirables

Les effets secondaires les plus fréquemment observés avec les anti-rhumatismaux non stéroïdiens affectent l’appareil digestif. Des ulcères gastro-duodénaux, des perforations ou des hémorragies, parfois mortels, peuvent survenir, en particulier chez les patients âgés (voir «Mises en garde et précautions»). Des nausées, vomissements, diarrhées, flatulences, constipations, troubles de la digestion (dyspepsie), douleurs abdominales, selles noires, hématémèses, stomatites ulcéreuses, aggravations de colite et de maladie de Crohn (voir «Mises en garde et précautions») ont été rapportés après utilisation. Des cas de gastrite ont été observés, plus rarement. De rares cas de perforation gastro-intestinale ont été rapportés après utilisation d’ibuprofène.

Une aggravation des inflammations cutanées liées aux infections (par ex. apparition d’une fasciite nécrosante) a été décrite lors de l’utilisation concomitante d’AINS. Dans des cas exceptionnels, des infections cutanées sévères et des complications au niveau des parties molles peuvent survenir au cours d’infections dues au virus de la varicelle. Par conséquent, le patient doit consulter immédiatement un médecin si des signes d’infection apparaissent ou si une telle infection s’aggrave pendant l’utilisation d’ibuprofène.

Des études cliniques indiquent que l’utilisation d’ibuprofène, en particulier à une dose élevée (2400 mg par jour), peut être liée à une légère augmentation du risque d’événements thrombotiques artériels (par ex. infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral) (voir «Mises en garde et précautions»).

Les effets indésirables suivants ont été observés avec l’ibuprofène. Incidences:

très fréquent (>1/10), fréquent (>1/100, <1/10), occasionnel (>1/1000, <1/100), rare (>1/10'000, <1/1000), très rare (<1/10'000), fréquence inconnue (la fréquence exacte ne peut pas être estimée):

Infections et infestations

Occasionnel: Rhinite.

Rare: Méningite aseptique.

Affections hématologiques et système lymphatique

Rare: Altérations de la formule sanguine telles que leucopénie, agranulocytose, thrombocytopénie, neutropénie, anémie aplastique, anémie hémolytique auto-immune, décrite dans l’information destinée aux patients comme «angine, forte fièvre, tuméfaction des ganglions lymphatiques de la région du cou»).

Affections du système immunitaire

Occasionnel: Hypersensibilité.

Rare: Réaction anaphylactique, lupus érythémateux, anémie hémolytique auto-immune.

Affections psychiatriques

Occasionnel: Insomnie, anxiété.

Rare: Dépressions, états confusionnels.

Très rare: États psychotiques.

Affections du système nerveux

Fréquent: Effets secondaires sur le système nerveux central tels que limitation de la capacité de réaction (principalement en association avec l’alcool), céphalées, vertiges.

Rare: Paresthésies, somnolence.

Affections oculaires

Occasionnel: Troubles visuels. Les troubles visuels sont généralement réversibles à l’arrêt du traitement.

Rare: Amblyopie toxique, névrite optique, neuropathie optique toxique.

Affections de l’oreille et du labyrinthe

Occasionnel: Bourdonnements d’oreilles, baisse de l’acuité auditive, vertige.

Affections cardiaques

Très rare: Défaillance cardiaque, infarctus du myocarde.

Affections vasculaires

Très rare: Hypertension.

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Occasionnel: Asthme, bronchospasme, dyspnée, risque d’œdème pulmonaire aigu chez les patients présentant une insuffisance cardiaque.

Affections gastro-intestinales

Fréquent: troubles digestifs, diarrhée, nausées, vomissements, constipation, douleurs abdominales, ballonnements, selles goudronneuses, hématémèse, hémorragies gastro-intestinales.

Rare: gastrite, ulcérations gastro-intestinales, stomatite ulcéreuse, perforations gastro-intestinales.

Très rare: Pancréatite.

Fréquence inconnue: Exacerbation d’une colite ou d’une maladie de Crohn.

Affections hépatobiliaires

Rare: Hépatite, ictère, troubles de la fonction hépatique.

Très rare: Insuffisance hépatique.

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Fréquent: Exanthème.

Rare: Urticaire, prurit, purpura, angiœdème, photosensibilité.

Très rare: Réactions d’hypersensibilité sévères, par ex. érythème polymorphe et réactions cutanées bulleuses tels que syndrome de Stevens-Johnson, et nécrolyse épidermique toxique (syndrome de Lyell).

Fréquence inconnue: pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG).

Affections du rein et des voies urinaires

Rare: Néphrotoxicité sous formes diverses tels que: nécrose papillaire des reins, néphrite interstitielle, troubles de la fonction rénale avec formation d’œdèmes et jusque à l’insuffisance rénale.

Troubles généraux et anomalies au site d’administration

Occasionnel: Fatigue.

Rare: Oedèmes.

 

L’annonce d’effets secondaires présumés après l’autorisation est d’une grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion d’effet secondaire nouveau ou grave via le portail d’annonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.

Surdosage

Toxicité

Des signes et symptômes d’une toxicité n’ont en général pas été rapportés à des doses inférieures à 100 mg/kg chez les enfants ou les adultes. Cependant, dans certains cas, des mesures de soutien sont nécessaires. Chez les enfants, une manifestation de signes et symptômes d’une toxicité a été rapportée après la prise d’une dose de 400 mg/kg ou plus.

Signes et symptômes

La plupart des patients ayant pris des doses considérables d’ibuprofène ont développé des symptômes dans les 4-6 heures. Les symptômes d’un surdosage les plus fréquemment rapportés sont des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, une léthargie et une somnolence. Les effets sur le système nerveux central sont des maux de tête, des acouphènes, des vertiges, des convulsions et une perte de connaissance. De rares cas ont également été rapportés de nystagmus, acidose métabolique d’effets rénaux, de saignements gastro-intestinaux, de coma, d’apnée et de dépression du SNC et respiratoire. Une toxicité cardiovasculaire incluant hypotension, bradycardie et tachycardie a aussi été rapportée. En cas de surdosage significatif, une insuffisance rénale et des lésions hépatiques sont possibles. Des surdosages élevés sont en principe bien tolérés, lorsqu’aucun autre médicament n’est pris de façon concomitante.

Traitement

Il n’y a pas d’antidote spécifique en cas de surdosage à l’ibuprofène. Toutefois, il faut procéder immédiatement à un lavage gastrique ou provoquer un vomissement, suivi de mesures de soutien, lorsque la dose prise dans l’heure précédente dépasse les 400 mg/kg.

Lorsque le médicament est déjà absorbé, il faut donner des substances alcalinisantes qui favorisent l’excrétion urinaire de l’ibuprofène acide.

Pour les informations les plus actualisées, on peut contacter le centre de toxicologie local.

Propriétés/Effets

Code ATC

M01AE01

Mécanisme d’action et Pharmacodynamique

L’ibuprofène est un antirhumatismal non stéroïdien pourvu d’une courte demi-vie d’élimination et dont les propriétés analgésiques, antiphlogistiques et antipyrétiques lui confèrent l’efficacité thérapeutique requise dans les affections rhumatismales.

Les différentes formes galéniques permettent d’instaurer une thérapie adaptée à chaque patient.

Les prostaglandines sont responsables des manifestations douloureuses et inflammatoires.

L’ibuprofène a un effet inhibiteur prononcée sur la synthèse des prostaglandines, ce qui explique son effet analgésique, antiphlogistique et antipyrétique.

L’inhibition de l’agrégation des thrombocytes, non exploitée en thérapeutique, tout comme l’effet ulcérogène, la rétention de sodium et d’eau et les réactions bronchospastiques comme éventuels effets indésirables, reposent sur le même mécanisme.

Bien que l’ibuprofène influe sur l’agrégation thrombocytaire et sur le temps de saignement, il n’en résulte aucune modification clinique significative ni du temps de prothrombine ni du temps de coagulation.

Efficacité clinique

Des données expérimentales indiquent que l’ibuprofène peut inhiber de manière compétitive l’efficacité de l’acide acétylsalicylique faiblement dosé sur l’agrégation plaquettaire en cas d’administration concomitante. Dans quelques études pharmacodynamiques, une diminution de l’effet de l’acide acétylsalicylique sur la formation du thromboxane ou l’agrégation plaquettaire a été observée lorsque l’ibuprofène à la dose de 400 mg était administré dans les 8 heures précédant la prise de 81 mg d’acide acétylsalicylique à libération immédiate ou dans les 30 minutes consécutives. Bien que l’extrapolation de ces données cliniques ne permette pas d’émettre de conclusion formelle, il ne peut être exclu que l’effet cardioprotecteur de l’acide acétylsalicylique à faible dose puisse être réduit lors d’un traitement au long cours par ibuprofène. Un effet cliniquement pertinent est improbable en cas de prise occasionnelle d’ibuprofène (voir «Propriétés/Effets»).

Pharmacocinétique

La concentration maximale de substance active, de 15 resp. 25 mg/l en moyenne, est atteinte dans le sérum 1-2 heures après administration orale de 400 mg d’ibuprofène. Si l’administration a lieu après le repas, la résorption, qui intervient surtout dans l’intestin grêle, est beaucoup plus lente et les concentrations sériques plus faibles. La demi-vie sérique est de 1.5-2 heures et la fixation à l’albumine d’env. 99 %. L’ibuprofène est rapidement excrété par les reins après métabolisation hépatique, surtout sous forme de métabolites inactifs. On n’observe aucune accumulation d’ibuprofène en cas de prises répétées. L’ibuprofène ou ses métabolites sont éliminés presque totalement 24 heures après la dernière dose.

Données précliniques

Potentiel mutagène et tumorigène

Des études de mutagénicité in vitro et in vivo (bactéries et lymphocytes humains) n’ont pas mis en évidence d’effet mutagène de l’ibuprofène. Des études sur le potentiel tumorigène de l’ibuprofène chez les rats et les souris n’ont pas démontré d’effet cancérigène de l’ibuprofène.

Toxicité reproductive

Des études expérimentales sur deux espèces animales ont montré que l’ibuprofène traverse le placenta et inhibe l’ovulation (chez le lapin). Plusieurs études expérimentales sur le rat et le lapin ont mis en évidence que l’administration d’un inhibiteur de la synthèse de prostaglandines provoque une augmentation des pertes pré-implantatoires et post-implantatoires, de la mortalité embryo-fœtale et des retards de la croissance intra-utérine. On a rapporté également des incidences accrues de différentes malformations, dont des malformations cardio-vasculaires telles que des malformations de la cloison interventriculaire, chez les animaux ayant reçu un inhibiteur de la synthèse de prostaglandines pendant la phase d’organogenèse. Avec l’ibuprofène, ces malformations ont été observées à des doses 2-3 fois supérieures à la dose journalière maximale recommandée chez l’être humain (sur la base des données d’exposition extrapolées).

Remarques particulières

Influence sur les méthodes de diagnostic

Rarement: Augmentation de l’azote uréique, des transaminases et de la phosphatase alcaline dans le sérum; baisse de l’hémoglobine et de l’hématocrite. Diminution de la concentration sérique de calcium. Inhibition de l’agrégation thrombocytaire et allongement du temps de saignement.

Stabilité

Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP.» sur le récipient.

Remarques particulières concernant le stockage

Ne pas conserver au-dessus de 30°C, dans l’emballage original et hors de la portée des enfants.

Numéro d’autorisation

58313 (Swissmedic).

Présentation

Alges-X forte: Emballages avec 10 comprimés pelliculés. [D]

Titulaire de l’autorisation

Axapharm SA, 6340 Baar.

Mise à jour de l’information

Mars 2020.


Mise à jour 25.11.2020